La 3e5 du collège Jean Zay de Cénon (Gironde) commémore l’abolition de l’esclavage

Matinée du 6 mai

La classe de 3°5 a pu voir les différentes étapes de la traite négrière à Bordeaux qui est à l’origine de la déportation de plus de 130 000 esclaves noirs vers les possessions françaises. Avec 508 expéditions négrières, Bordeaux se place en deuxième position des ports français pour l’ensemble de la période concernée. Si la traite négrière contribua à développer la puissance économique de Bordeaux, c’est essentiellement le commerce des denrées coloniales, produites par les esclaves, qui a enrichi la ville. Nous avons pu voir des mascarons place de la bourse : En architecture, un mascaron est un ornement représentant généralement une figure humaine parfois effrayante dont la fonction était, à l’origine, d’éloigner les mauvais esprits afin qu’ils ne pénètrent pas dans la demeure. Ils sont souvent apposés sur la clef de voûte des arcs des fenêtres ou des portes ou sur les linteaux, ou encore sur un modillon.

photo mascaron à "tête de nègre", place de la Bourse à Bordeaux

photo mascaron à « tête de nègre », place de la Bourse à Bordeaux

 

Toussaint Louverture, à l’origine Toussaint Breda, né vers 1743 près du Cap-Français (Haïti), mort en captivité le 7 avril 1803à La Cluse-et-Mijoux (Doubs), est un homme politique français des Antilles qui a joué un rôle historique de premier plan, en tant que chef de la Révolution haïtienne (1791-1802) : c’est une des grandes figures des mouvements anticolonialiste, abolitionniste d’émancipation des Noirs.

Toussaint Louverture

Le 10 mai

Le 10 mai est la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage. 20 élèves du collège Jean Zay de Cénon ont participé aux cérémonies organisées dans leur ville en lisant des textes qu’ils ont écrits avec leur professeur de lettres, Mme Marie-Laure PIROTH.

Nous avons même eu un article dans le journal local Sud-Ouest !

Article sur le 10 mai à Cénon. Sud-Ouest / 11 mai 2014

Article sur le 10 mai à Cénon. Sud-Ouest / 11 mai 2014

Voici certains de ces textes :

Les esclaves étaient mélangés, ils ne parlaient pas la même langue, ceci étaient fait exprès pour ne pas qu’ils complotent. Ils étaient attachés pour ne pas s’enfuir. A bord du bateau il y avait des gardes pour que les esclaves ne puissent pas sauter par-dessus bord. Les enfants des femmes qui étaient esclaves étaient automatiquement esclaves.

 Des personnes de couleur blanche m’appellent esclave ou négrillon, mais moi je ne m’appelle pas comme ça, je ne comprends pas. Ils appellent mes parents nègres et mes parents sont enchaînés comme moi.

 Ce sont des actes criminels d’enlever les hommes, femmes, enfants de leurs pays, peuple maison.

 La brutalité de ces hommes sauvages poussa les esclaves à la cruauté et ils décidèrent de se révolter en attaquant le bateau.

Nous avons perdu trois de nos hommes !

Mais la révolte continua jusqu’à la nuit tombée.

 

Ce commerce berce les richesses

de ces chefs

aux chargements

d’une contenance

négrière.

Attachés à des chaînes

ce peuple de couleur

pleure

à l’heure du chargement.

Ils pensent

sans que leurs carences

n’arrêtent leurs danses.

 Arrivé en Guadeloupe,

Je me mis à pleurer

Car mon âme en peine

Mourut

 

Un beau jour je mis au monde une petite fille, elle n’était ni noire, ni blanche, mais …METISSE. Un mélange de moi et d’un maître blanc qui avait comblé ses plus sombres désirs en moi. Cette fille était un miracle, une faveur du ciel. Je ne voulais pas lui dire que son père était l’horrible homme qui nous battait, nous les nègres. Mon cœur était rempli d’espérance, de voir un jour le bâteau qui nous avait amenés revenir nous chercher. Mon coeur chavirait entre l’amour que je porte pour mon enfant et la haine que je portais en la voyant se casser le dos dans les plantations.  

 Quand retrouverai-je ma terre natale ? Ma liberté de l’ancien temps ?

 Là-bas il y a une femme noire. Son visage a l’air heureux, son ventre est gonflé, on dirait qu’elle est enceinte. Puis elle pose ses mains sur son ventre et pleure…

 Rien ne sert de pleurer car il n’y a que nos actes qui comptent

 

Durant le 18ème siècle,

à travers les mers et les océans,

alors que la lune continuait de briller,

des esclaves étaient intensément échangés.

De manière légale, pensaient les européens,

Richesse non équitable.

Les larmes exotiques ont décidé de faire la révolution.

 

Toi Marie

Fille d’esclaves

Née en Guadeloupe

Dans les plantations de canne à sucre.

Ta mère née en Afrique et qui a grandi là-bas

Défends ton peuple et essaie d’abolir cette inégalité.

Aujourd’hui l’esclavage a été aboli et c’est peut être grace à toi.


C’est un acte d’injustice

Je le dis haut et fort

Je suis innocente

Mais qu’importent les opinions mensongères

Je continuerai de lutter

 Je sais que tu ne fais que lutter contre l’injustice que subit ton peuple depuis des décennies.

 Je me sens honteuse, des hommes ou des femmes comme elles rêvent de liberté et d’égalité alors que des blancs les brisent à cause de leur couleur.

 Nous devons défendre notre liberté

 Je me demande quand le racisme cessera

 

Et malgré tout, malgré vos sous-entendus quand je passais dans la rue devant vous, malgré vos préjugés, votre avis déjà conçu sur nous : que par une couleur, une peau nous valons moins. Je tenais, à travers ce bout de papier, ce morceau de feuille arrachée, comme une partie de moi, un bout de mon cœur, de ma dignité que vous m’otiez quand vous m’insultiez à vous dire le fond de mes pensées : et oui ça vous étonne la négresse à la peau sombre sait tenir un stylo et aligner des mots. Sachez que la négresse a la peau sombre et les idées claires et qu’elle n’a pas d’accent. Premièrement, parce que je suis-je suis née ici en France comme vous. Alors pourquoi me rejetez vous ? La France est un peu mon pays d’adoption, elle m’a nourrie, éduquée comme vous. Alors pourquoi essayez-vous de me faire croire que ma place n’est pas ici ? Parmi vous les blancs ? Ne sommes nous tous pas égaux ? Sortis des entrailles de nos mères n’avons-nous pas tous marché sur quatre pattes au matin de nos vies ? Quelle est la différence entre nous à part une couleur ? Je défendrai ma cause et réussirai autant qu’une blanche peut le faire.

 

Mes ancêtres sont arrivés par bateau sur les belles plages de la Guadeloupe. Même si leurs corps sont morts, leur âmes veillent sur nous depuis le ciel et ils y sont avec tous les dieux. Ils n’ont pas eu une vie facile à cause de l’esclavage. Déjà tous petits ils devaient travailler dans les champs. Dans ces champs ils ont failli laisser leur peau. Combien de fois ils ont pleuré, crié, à cause des fouets. J’ai beaucoup de respect pour eux. Leur histoire reste dans mon cœur.

 

Dans deux mois on y sera, le pays de nos ancêtres. Ce pays qu’avec ma soeur on avait toujours rêvé de visiter. Depuis la mort de notre mère, avec ma sœur on est toutes seules. Et on s’étaient promis d’aller la bas à la Guadeloupe. Notamment là-bas, il y a nos grands parents. On les a vus 3 ou 4 fois dans notre vie mais on a envie de connaître plus d’eux, on a envie qu’ils nous racontent leur vie d’avant parce que mis à part qu’ils étaient descendants d’esclaves, on ne sait pas grand-chose de plus. C’est pour cela qu’avec Laura ma sœur on a décidé de passer une partie de l’héritage que maman nous a laissé après sa mort dans ce voyage si important à nos yeux.

 

Je suis fière de mes racines

Je suis heureuse, sachez que le passé c’est un monde horrible

 

Les injustices sont vraies au pays de la fraternité et de l’amitié. Sans honte, sans égalité, on avance vers la tolérance. Le merveilleux accent de nos ancêtre marque une différence avec ceux qui n’ont pas faim. Les anges ne brillent que pour les gens qui croient en l’espoir.

 

Premiers pas sur la scène, la première note de musique caressa mes oreilles. Mon cœur battait si vite que j’eus peur de rendre l’âme. Balayant l’audience du regard, je rencontrais les regards de mes proches. Ils avaient l’air si fiers. Je ne pouvais absolument pas les décevoir. Mais j’étais figée. Qui l’eut crû ? La dernière génération Skylar Monroe AKA la seule danseuse de toute la compagnie dont chaque ancêtre de génération en génération avait eu le rôle de l’ange noir, le plus important. Je pris une grande aspiration et régulais ma respiration. Dedans, dehors, dedans dehors comme-ci comme-ça, comme-si j’étais sur un bateau au milieu de l’océan avec seules les vagues qui me guidaient, qui me balançaient. Puis soudain je m’apprêtai à plonger. Je pris une grande respiration et me lançais mettant plus de grâce dans mes mouvement que jamais avant. Je m’égarais dans la musique. Je n’étais plus là mais dans les airs.  

 

A tous mes frères blancs, rosés ou noirs. Soyez dignes de vos couleurs, nous sommes en France, enfin c’est quand même le pays de la fraternité et des bons restaurants. N’ayez pas honte de vos couleurs, vivez bien et heureux.

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