Un retour vers l’indigo / Return to indigo

Les élèves de la classe de CM2 de l’école de Fontarabie à Petit-Bourg (Guadeloupe) ont appris l’histoire de l’indigo à Marie-Galante, une île de l’archipel de la Guadeloupe, avec M. Matthieu DUSSAUGE, Conservateur du Musée Schoelcher à Pointe à Pitre et leur maîtresse, Mme Gladys ROUSSEAU.

L’indigo est une matière tinctoriale bleue, produite à partir d’un arbrisseau appelé indigotier. Sa culture est l’une des premières à avoir été introduite par les colons dans le Nouveau Monde.

Fragments d'indigo

Fragments d’indigo

Indigotier de Guadeloupe Indigofera suffruticosa Miller  Guatemalensis.

Indigotier de Guadeloupe
Indigofera suffruticosa Miller Guatemalensis.

Ce buisson de 60 cm. à 1 m. de hauteur à des branches dressées . Les fleurs sont petites et groupées ,de couleur  rose-violacé . Cet indigotier, originaire d’Amérique tropicale a été la principale source d’indigo des civilisations pré-colombiennes, du Mexique et du Pérou. D’abord cultivés en Amérique, ils ont été ensuite introduits en Asie et dans  les tropiques ( sauf l’Est africain ). A notre époque on le trouve à l’état spontané au bord des routes et  des  chemins de Guadeloupe.

Un peu d’Histoire…

L’indigo n’est apparu dans les Petites Antilles qu’après la chute du prix du tabac autour de 1640. La période florissante de l’indigo se situa entre 1680 et 1719 . En effet, douze indigoteries sont signalées en Grande-Terre (recensement de la Guadeloupe de 1682) et on compte plus de cent indigoteries en Guadeloupe et dans les dépendances pour l’année 1686. La Grande-Terre et Marie-Galante produisaient, à elles seules, les deux tiers de la production totale. Cette production est écoulée en Guadeloupe, en Martinique, auprès des marchands français et des marchands étrangers, notamment des Hollandais. A la fin des années 1720, Marie Galante qui ne compte plus que 17 indigoteries pèse peu face aux deux mille sept cent     quarante-quatre unités que compte l’île de Saint-Domingue où cette culture s’est particulièrement développée. Cette île s’impose dès lors comme principal fournisseur de la France en sucre et en indigo au détriment des Petites Antilles. A Marie Galante, l’indigo cède peu à peu sa place au coton, au café et à la canne et s’éteint vers 1735.

Visite-découverte à Marie-Galante

Après avoir reçu Monsieur DUSSAUGE dans la classe, les élèves de CM2 se sont rendus à Marie-Galante pour visiter les vestiges des indigoteries sur la plaine des Galets, à Capesterre.

Les élèves écoutent Monsieur DUSSAUGE devant les vestiges d’une  indigoterie, sur la plage des Galets, à Capesterre.

Les élèves écoutent Monsieur DUSSAUGE devant les vestiges d’une indigoterie, sur la plage des Galets, à Capesterre.

Les installations destinées à la production d’indigo, appelées indigoteries, ont été très peu étudiées, délaissées au profit de l’industrie sucrière qui a laissé davantage de témoignages d’ordre matériel et documentaire.

Puis la visite s’est poursuivie au château Murat, à Grand-Bourg. L’intervenant a présenté l’histoire de cette ancienne habitation sucrière et a interrogé les élèves sur la période de l’esclavage aux Antilles. Ensuite les élèves ont eu un atelier de teinture avec les intervenantes de la Maison de l’indigo, qui développe un projet de remise en valeur des plantes colorantes aux Antilles.

La fabrication de l’indigo

Indigoterie (Jean-Baptiste du Tertre, Hist. gén.des Antilles, 1667). Légende : 6  = réservoirs d'eau claire 7 = trempoires 8 = batterie 9 = reposoirs

Indigoterie (Jean-Baptiste du Tertre, Hist. gén.des Antilles, 1667).
Légende :
6 = réservoirs d’eau claire
7 = trempoires
8 = batterie
9 = reposoirs

Le pénible travail de fabrication de l’indigo a été effectué aux 18e et 19e siècles par des esclaves issus de populations africaines déportées de force dans les colonies européennes d’Amérique.

Macération : après la cueillette des feuilles de l’indigotier, leur fermentation dure entre 13h à 18h. Les feuilles macèrent dans de l’eau de pluie. Cette opération avait lieu dans la première cuve appelée « trempoire ».

Le Battage : il faut battre le mélange pour l’oxygéner et faire apparaître la couleur bleue. Cettte opération avait leu dans la cuve appelée « batterie ». Pour aider à la formation de l’indigo on ajoute de l’eau de chaux.

La dernière cuve ou « reposoir » permettait de récolter le pigment bleu avant de le faire sécher à l’ombre et dans un endroit ventilé avant d’être conditionné puis expédié.

Préparation des tissus pour la teinture.

Préparation des tissus pour la teinture.

Après le battage, l’indigo est prêt. La teinture peut commencer.

Après le battage, l’indigo est prêt. La teinture peut commencer.

Les industries qui produisent les couleurs chimiques sont très polluantes. On assiste aujourd’hui à un retour vers les produits naturels qui préservent l’environnement. Chaque teinture est unique.

Quelques-unes de nos réalisations !!

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Cette journée fut très enrichissante !!

Classe de CM2, école de Fontarabie (Petit-Bourg, Guadeloupe)

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Students of the CM2 class of the Fontarabie school in Petit-Bourg (Guadeloupe) learned the history of indigo in Marie-Galante, an island of the archipelago of Guadeloupe, with Mr Matthieu DUSSAUGE, curator of the Schoelcher Museum in Pointe à Pitre, and their teacher, Mrs. Gladys ROUSSEAU.

Fragments d'indigo

Pieces of indigo

Indigo is a blue dye material, produced from a shrub called indigo. Its culture is one of the first to be introduced by settlers in the New World.
Indigotier de Guadeloupe Indigofera suffruticosa Miller  Guatemalensis.

Indigofera suffruticosa Miller Guatemalensis.

This bush 60 cm. 1 m. height of the branches erect. The flowers are small and grouped, pink-purplish color. This indigo, native to tropical America was the main source of indigo pre-Columbian civilizations of Mexico and Peru. First cultivated in America, they were then introduced in Asia and the tropics (except Eastern Africa). In our time it is found growing wild along roadsides and paths of Guadeloupe.

A bit of history …

The indigo appeared in the Lesser Antilles, after the fall of the price of tobacco around 1640. The flourishing period of indigo situated himself between 1680 and 1719. Indeed, twelve indigo are reported in Grande-Terre (Guadeloupe census of 1682) and has over one hundred indigo in Guadeloupe and dependencies for the year 1686. The Grande-Terre and Marie-Galante produced in themselves alone, two-thirds of total production. This production is sold in Guadeloupe, Martinique, with French merchants and foreign merchants, especially the Dutch. In the late 1720s, Marie Galante has only 17 indigo weighs slightly against the two thousand seven hundred forty-four units account the island of Santo Domingo where the crop was particularly developed. This island is therefore necessary as a main supplier of France in sugar and indigo at the expense of the Lesser Antilles. A Marie Galante, indigo gradually gives place to cotton, coffee and cane and off around 1735.


Discovery tour in Marie-Galante

After receiving Mr. DUSSAUGE in class, CM2 students went to Marie-Galante to visit the remains of indigo on the Plaine des Galets, Capesterre.

Les élèves écoutent Monsieur DUSSAUGE devant les vestiges d’une  indigoterie, sur la plage des Galets, à Capesterre.

Students listening Mr DUSSAUGE in front of
indigo factory (« indigoterie ») ruins.

Installations for the production of indigo, called « indigoterie » , have been very little studied, abandoned in favor of the sugar industry which has left more of testimonies and documentary material order.

Then the tour continued to the castle Murat, Grand-Bourg. The speaker presented the history of this ancient sugar plantation and asked students over the period of slavery in the West Indies. Then the students had a dyeing workshop with workers of the House of indigo, which is developing a project for redeveloping coloring plants in the Caribbean.
Production of indigo
Indigoterie (Jean-Baptiste du Tertre, Hist. gén.des Antilles, 1667). Légende : 6  = réservoirs d'eau claire 7 = trempoires 8 = batterie 9 = reposoirs

Indigo factory « Indigoterie » (Jean-Baptiste du Tertre, Hist. gén.des Antilles, 1667).
Caption :
6 = water tanks
7 = « trempoires »
8 = « batterie »
9 = « reposoirs »

The painful indigo manufacturing work was done in the 18th and 19th centuries by slaves issued from African populations deported in the European colonies of America.

Marinating: after picking the leaves of the indigo plant, their fermentation takes between 13h to 18h. The leaves macerated in rain water. This operation took place in the first vessel called « trempoire ».

The Hype: we must beat the mixture to oxygenate and reveal the blue color. This opération is made in the tank called « battery ». To assist in the formation of indigo is added lime water.

The last tank or « reposoir » allowed to collect the blue pigment before drying it in the shade and in a ventilated area before being packaged and shipped.

Préparation des tissus pour la teinture.

Préparation of the tissues before dyeing.

Après le battage, l’indigo est prêt. La teinture peut commencer.

After threshing, indigo is ready. Dyeing can begin.

The industries that produce chemical colors are highly polluting. Today we are witnessing a return to natural products that protect the environment. Each dye is unique.

Some of our achievements !!

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This day was very rewarding !!

CM2, Fontarabie School (Petit-Bourg, Guadeloupe)

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2 réflexions sur “Un retour vers l’indigo / Return to indigo

  1. Bonjour Matthieu !!

    Quel beau travail! C’est formidable! J’aime le fait que les élèves ont pu participer activement au processus de fabrication de l’Indigo. C’est super! Quelle belle expérience !

    Pour donner suite à l’idée que nous avons d’íntégrer Haïti au projet des écoles, comme nous en avons parlé, j’ai contacté Caroline Hudicourt, enseignante, très engagée dans l’éducation, directrice d’une école (préscolaire à 1ère année de secondaire), l’École Acacia, et qui a emmené ses élèves plusieurs fois en visite au musée.

    Je lui ai envoyé le lien au site, et elle a adoré le projet. Elle est partie prenante pour faire l’essaie avec une classe de son école dès que possible. Elle est aussi membre du conseil directeur d’une organisation, COSPE (Consortium des organisations du secteur privé de l’éducation), et voudrait organiser une rencontre avec ce groupe quand tu viendras, afin de leur présenter le projet et le partager avec d’autres écoles. Peut-être que fin-août – début septembre serait une bonne date, avant la rentrée des classes, si c’est possible pour toi? Ça coïnciderait avec la Carifesta qui se tient en Haïti cette année.

    Dominique Issart sera probablement en Haïti à cette époque, et ce serait aussi l’occasion de discuter et faire des échanges au sujet des nouvelles technologies (TBI, MOOC) appliquées à l’enseignement en Haïti. On en parle souvent, mais il faut trouver le moyen de concrétiser sur un projet précis. Peut-être aussi que Yolande pourrait venir? On verra.

    Concernant le réseau de sites de mémoire, as-tu entendu parler du projet TOSTEM? (Tourisme autour des Sites de la Traite, l’Esclavage et leurs Mémoires). C’est un projet de Anneaux de la Mémoire avec l’association Touristique d’Haïti (ATH) et le MUPANAH (Musée du Panthéon National d’Haïti), qui travaille sur la mise en place d’un réseau de sites historiques en Haïti. J’ai parlé de toi à Michèle Frisch, directrice du MUPANAH, ainsi qu’à d’autres personnes concernés par cette histoire. Michele me dit t’avoir rencontré et pense aussi que ce serait formidable que tu puisses collaborer avec nous. Je ne sais pas si ça pose conflit, mais je suis de l’avis, même quand nous désirons, avec raison, que pour le réseau en Ha:iti l’emphase soit mis plutôt sur la Liberté que sur l’esclavage, il conviendrait aussi que ce réseau reçoive l’appui et le label de l’UNESCO. Converger les forces, réunir les éléments, afin d’éviter les doublons. Qu’en penses-tu? En tous les cas, je te tiendrai au courant des avancements. Et si tu aurais une proposition, comme on en avait parlé, n’hésite pas à me le dire.

    Je t’embrasse fort. J’ai été contente de te voir à Paris. Souhaitons que ce sera pour très bientôt notre rencontre en Haïti!

    À bientôt,

    Mireille

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